{"id":169,"date":"2018-09-14T13:57:35","date_gmt":"2018-09-14T13:57:35","guid":{"rendered":"https:\/\/iapd.international\/?p=169"},"modified":"2018-09-15T14:41:25","modified_gmt":"2018-09-15T14:41:25","slug":"maat-association-and-the-international-alliance-discuss-the-role-of-national-institutions-in-conflict-areas","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/iapd.international\/fr\/maat-association-and-the-international-alliance-discuss-the-role-of-national-institutions-in-conflict-areas\/","title":{"rendered":"L'Association Maat et l'Alliance internationale discutent du r\u00f4le des institutions nationales dans les zones de conflit"},"content":{"rendered":"
Au si\u00e8ge des Nations Unies \u00e0 Gen\u00e8ve, en marge de la 39e session du Conseil des droits de l'homme : l'Association Maat et l'Alliance internationale discutent du r\u00f4le des institutions nationales dans les zones de conflit<\/strong>
\nOkeil : la politisation est le plus grand d\u00e9fi auquel sont confront\u00e9s les travaux des institutions nationales.<\/strong>
\nAl-Badwi : Le rapport du groupe d'experts sur le Y\u00e9men contient de graves inexactitudes. Les militants y\u00e9m\u00e9nites soulignent \u00e9galement que les m\u00e9canismes de l'ONU au Y\u00e9men ont \u00e9chou\u00e9.<\/strong><\/div>\n
 
\n    En marge de la participation de Maat au 39\u00e8me<\/sup> Fran\u00e7ais \u00c0 l\u2019occasion de la session du CDH \u00e0 Gen\u00e8ve, Maat pour la paix, le d\u00e9veloppement et les droits de l\u2019homme et l\u2019Alliance internationale pour la paix et le d\u00e9veloppement ont organis\u00e9 un \u00e9v\u00e9nement parall\u00e8le au si\u00e8ge des Nations Unies \u00e0 Gen\u00e8ve. L\u2019\u00e9v\u00e9nement intitul\u00e9 \u00ab Institutions nationales arabes des droits de l\u2019homme ax\u00e9es sur les zones de conflit \u00bb s\u2019est tenu le jeudi 13 septembre 2018. L\u2019\u00e9v\u00e9nement a r\u00e9uni une large participation d\u2019experts et d\u2019activistes des droits de l\u2019homme, de responsables et de repr\u00e9sentants des m\u00e9dias participant \u00e0 la 39e session du Conseil, qui a \u00e9t\u00e9 lanc\u00e9e plus t\u00f4t cette semaine.
\n    L'\u00e9v\u00e9nement parall\u00e8le a port\u00e9 sur la situation des institutions nationales des droits de l'homme dans la r\u00e9gion arabe et a pr\u00e9sent\u00e9 une vision d'\u00e9valuation de leur r\u00f4le dans les phases actuelles et futures. L'\u00e9v\u00e9nement a \u00e9galement accord\u00e9 une attention particuli\u00e8re aux institutions nationales dans les zones de conflit arm\u00e9 telles que le Y\u00e9men, la Libye et la Syrie. Il s'agit de d\u00e9terminer leur r\u00f4le dans la r\u00e9duction du foss\u00e9 entre les parties en conflit, le suivi de la situation des droits de l'homme dans la guerre, la promotion d'un dialogue interactif, l'adoption d'options de paix et la conduite du processus de r\u00e9conciliation et d'\u00e9quit\u00e9 dans la phase post-conflit.
\n   Lors de son discours, Ayman Okeil, directeur g\u00e9n\u00e9ral de l'association Maat et coordinateur de l'Alliance internationale pour la paix et le d\u00e9veloppement, a soulign\u00e9 que le plus grand d\u00e9fi auquel sont confront\u00e9es les institutions nationales dans la r\u00e9gion arabe est la politisation de leur travail et l'adoption des orientations politiques de certains r\u00e9gimes. Or, ces int\u00e9r\u00eats et opinions politiques violent clairement les principes fondamentaux des droits de l'homme et intensifient les actions non objectives et contraires \u00e0 l'\u00e9thique. Ainsi, ces institutions concentrent tous leurs efforts sur la lutte contre la situation des droits de l'homme dans certains pays, d'une part, et ne manifestent aucun int\u00e9r\u00eat r\u00e9el \u00e0 aider les victimes de violations, d'autre part.
\n    Concernant les \u00c9tats en conflit, Okeil a soulign\u00e9 que les institutions nationales devraient jouer un r\u00f4le dans la r\u00e9solution des probl\u00e8mes des droits de l\u2019homme dans ces soci\u00e9t\u00e9s. Elles peuvent jouer un r\u00f4le actif dans la promotion de la paix et encourager les efforts visant \u00e0 mettre fin \u00e0 la guerre et \u00e0 revenir au dialogue. Elles peuvent ainsi soutenir les processus de justice transitionnelle et de r\u00e9conciliation qui suivent la fin du conflit. Il a \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 que de nombreuses exp\u00e9riences internationales et pratiques en mati\u00e8re de droits de l\u2019homme dans les soci\u00e9t\u00e9s qui ont \u00e9t\u00e9 t\u00e9moins de conflits politiques et militaires prouvent que l\u2019existence d\u2019une institution nationale pendant un conflit peut favoriser le dialogue entre les mod\u00e9r\u00e9s et cr\u00e9er une sorte de contr\u00f4le sur les abus commis par l\u2019une ou l\u2019autre des parties au conflit.
\nLe Dr Ayman Fouad, expert en droits de l\u2019homme et ancien conseiller du Conseil national des droits de l\u2019homme en Egypte, a \u00e9voqu\u00e9 les cadres qui r\u00e9gissent les institutions nationales et leur fonctionnement sur le terrain. Il a \u00e9galement soulign\u00e9 que quelle que soit la structure juridique de l\u2019institution nationale, le point d\u00e9terminant est son degr\u00e9 de conformit\u00e9 aux principes de Paris. Il a ainsi fait r\u00e9f\u00e9rence \u00e0 quelques exemples et exp\u00e9riences positifs dans la r\u00e9gion arabe, notamment les exp\u00e9riences marocaine, tunisienne et \u00e9gyptienne.
\nEn outre, Dr Walaa Jad Al-Karim, pr\u00e9sident de Partners for Transparency, a pr\u00e9sent\u00e9 une vision comparable des institutions nationales des droits de l\u2019homme dans la r\u00e9gion arabe, dans laquelle il a mis l\u2019accent sur la disponibilit\u00e9 des normes d\u2019ind\u00e9pendance et de pluralisme dans ces institutions. Il a \u00e9galement d\u00e9clar\u00e9 que des pays comme l\u2019\u00c9gypte, la Tunisie et le Maroc ont un cadre pluraliste, en raison de l\u2019existence de partis politiques, de syndicats et de parlements \u00e9lus. Ce pluralisme se refl\u00e8te dans l\u2019ind\u00e9pendance et le pluralisme de la formation de leurs institutions nationales. Alors que les institutions correspondantes dans certains pays du Golfe sont n\u00e9es dans des soci\u00e9t\u00e9s sans pluralisme, et n\u2019ont rien \u00e0 voir avec les syndicats et la soci\u00e9t\u00e9 civile. De plus, dans ces pays du Golfe, il n\u2019existe pas de parlement librement \u00e9lu pour nommer les membres des institutions nationales, ce qui fait que ces institutions sont devenues un simple ph\u00e9nom\u00e8ne acoustique et un \u00e9cho creux de certains r\u00e9gimes au pouvoir.
\nL'experte juridique, Lisa Al-Badwi, a donn\u00e9 une \u00e9valuation de la situation de l'institution nationale au Y\u00e9men. Elle a mis l'accent sur l'impact n\u00e9gatif de la faiblesse de l'institution nationale sur le r\u00f4le jou\u00e9 par certains m\u00e9canismes de l'ONU au Y\u00e9men. Elle a \u00e9galement soulign\u00e9 le manque de coordination entre les m\u00e9canismes de l'ONU au Y\u00e9men en g\u00e9n\u00e9ral et l'absence d'un niveau minimum de m\u00e9thodologie dans de nombreux organes des droits de l'homme de l'ONU. Elle a pris pour preuve le rapport du Haut-Commissaire du Conseil des droits de l'homme. Ce rapport portait sur le rapport du Comit\u00e9 d'experts sur la situation des droits de l'homme au Y\u00e9men, qui comprenait de graves erreurs syst\u00e9matiques r\u00e9sultant du manque de communication avec tous les acteurs.
\nLe rapport du Haut-Commissaire a fait l'objet de nombreuses objections de la part des experts et des militants participants. Les interventions ont r\u00e9v\u00e9l\u00e9 que le rapport \u00e9tait largement rejet\u00e9 par les milieux des droits de l'homme. Les interventions ont \u00e9galement mis l'accent sur le fait que \u00ab le Comit\u00e9 outrepasse son mandat et ses sp\u00e9cialisations \u00bb. Il s'agit d'un comit\u00e9 constitu\u00e9 au titre du point 10 sur l'appui technique. Il n'a ni l'autorit\u00e9, ni les moyens, ni la capacit\u00e9 d'enqu\u00eater, de surveiller et de documenter les faits, il a donc \u00e9t\u00e9 impliqu\u00e9 dans la diffusion d'informations erron\u00e9es et trompeuses.
\nLes participants \u00e0 l'\u00e9v\u00e9nement parall\u00e8le ont n\u00e9anmoins exig\u00e9 que le mandat du Panel d'experts au Y\u00e9men ne soit pas prolong\u00e9, car il ne joue aucun r\u00f4le concret et efficace sur le terrain. Ce Panel, ainsi que d'autres m\u00e9canismes des droits de l'homme des Nations Unies concern\u00e9s par le Y\u00e9men, ont obtenu des informations de sources proches des milices arm\u00e9es. De plus, ils adoptent le point de vue des parties qui profitent de l'existence des milices soutenues par l'Iran. Le produit des Nations Unies relatif aux droits de l'homme au Y\u00e9men ignore souvent ce point central dans la compr\u00e9hension de l'impact du conflit sur les droits de l'homme et suscite des critiques non objectives et illogiques \u00e0 l'encontre de la Coalition arabe qui se fonde sur des r\u00e9solutions de l\u00e9gitimit\u00e9 internationale.<\/div>\n
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